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Train de vie des institutions en RDC : UNIS présente son rapport à Kinshasa

Le 24 février 2025, dans la salle Salonga de l'hôtel Memling à Kinshasa, le Réseau panafricain de lutte contre la corruption (UNIS) a présenté son rapport « Train de vie des institutions en RDC : le pillage systématique des revenus nationaux par les élites politiques », devant des journalistes, des membres de la société civile et des représentants de missions diplomatiques.

Présentation du rapport « Train de vie des institutions en RDC » dans la salle Salonga de l'hôtel Memling, à Kinshasa
Présentation du rapport dans la salle Salonga de l'hôtel Memling, à Kinshasa, le 24 février 2025. Photo : UNIS

Produit dans le cadre de la coalition Le Congo n'est pas à vendre (CNPAV), dont UNIS est membre, ce rapport est le fruit de plus d'un an de travail. Il analyse, à partir des documents budgétaires publics, dont la loi de finances de l'exercice 2024, ce que coûtent les institutions politiques congolaises, et ce que ce coût retire aux dépenses dont la population a besoin.

La séance était modérée par Dirk Shaka, coordonnateur de la coalition.

Une promesse répétée, une réduction qui se fait attendre

Le président d'UNIS a d'abord replacé le rapport dans son contexte. La réduction du train de vie des institutions n'est pas un sujet nouveau en RDC : en 2024, le gouvernement l'avait inscrite parmi les piliers de son programme, et la Première ministre Judith Suminwa s'était engagée à réduire la taille du gouvernement. Celui-ci a pourtant été formé avec 54 membres, en contradiction avec les promesses initiales. Le 29 janvier 2025, au lendemain de l'entrée de l'AFC/M23 dans Goma, le président de la République a de nouveau annoncé des coupes dans le fonctionnement et les rémunérations des institutions, au titre de l'effort de guerre.

Pour UNIS, ces annonces successives, sans mesures concrètes ni suivi public, traduisent une absence de réelle volonté politique.

Le président d'UNIS, au micro, présente les grandes lignes du rapport
Le président d'UNIS présente les grandes lignes du rapport. Photo : UNIS

Ce que montre le rapport

Le rapport met en évidence trois constats.

Des institutions qui dépensent au-delà de ce qui est voté. Au premier semestre de l'exercice 2024, les ministères ont dépassé de 112 281 627 dollars les crédits votés par le Parlement pour leur fonds spécial d'intervention, tandis que les institutions consommaient déjà 76,30 % de leurs prévisions annuelles, soit 176 146 292 dollars.

Des écarts de rémunération considérables. Le rapport compare les traitements des animateurs des institutions politiques à ceux des autres agents de l'État. Là où certains élus perçoivent plusieurs milliers de dollars par mois, enseignants, policiers et militaires doivent se contenter d'environ 100 dollars.

Des dépenses de fonctionnement qui évincent l'investissement. Chaque dollar absorbé par le fonctionnement des institutions est un dollar qui ne va ni aux écoles, ni aux hôpitaux, ni aux routes.

Sept mesures pour réduire le train de vie de l'État

Le rapport ne se limite pas au constat : il formule sept mesures pour réduire le coût des institutions et réaffecter les économies dégagées aux conditions de vie des Congolais. Il propose notamment de supprimer le Sénat, de supprimer les agences publiques sans utilité avérée et de rationaliser les dépenses, de publier les salaires et avantages des agents de l'État, de prioriser les investissements sociaux et les infrastructures, et d'adopter un budget-programme, qui lie chaque dépense à un résultat mesurable.

L'appel à l'action de la coalition

Porte-parole de la coalition Le Congo n'est pas à vendre, Jean-Claude Mputu a lancé les appels à l'action : aux autorités, pour qu'elles traduisent enfin leurs annonces en mesures vérifiables dans le budget ; à la société civile et aux citoyens, pour qu'ils prennent une part active au contrôle des finances publiques et exigent davantage de transparence. La lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, a rappelé la coalition, est une responsabilité collective.

Un intervenant de la coalition Le Congo n'est pas à vendre s'adresse à la salle
Un intervenant de la coalition s'adresse à la salle. Photo : UNIS

Un échange nourri avec la presse

La présentation s'est conclue par une série de questions-réponses avec les médias présents, suivie d'entretiens individuels avec les journalistes.

Journalistes, membres de la société civile et représentants de missions diplomatiques assis dans la salle Salonga
Journalistes, membres de la société civile et représentants de missions diplomatiques dans la salle Salonga.
Échanges avec des journalistes à l'issue de la présentation du rapport
Échanges avec la presse à l'issue de la présentation.
Vue d'ensemble de la salle pendant la présentation du rapport
Vue de la salle pendant la présentation.

Photos : UNIS

Et depuis ?

UNIS continue de suivre la question du train de vie des institutions. Les sept mesures du rapport servent de base à sa campagne sur ce sujet, et leur mise en œuvre — ou son absence — est examinée à chaque nouvelle loi de finances.

Mots-clésRapport d'enquêteTrain de vie des institutionsRDCFinances publiquesCNPAV