Produit dans le cadre de la coalition Le Congo n'est pas à vendre (CNPAV), dont UNIS est membre, ce rapport est le fruit de plus d'un an de travail. Il analyse, à partir des documents budgétaires publics, dont la loi de finances de l'exercice 2024, ce que coûtent les institutions politiques congolaises, et ce que ce coût retire aux dépenses dont la population a besoin.
La séance était modérée par Dirk Shaka, coordonnateur de la coalition.
Une promesse répétée, une réduction qui se fait attendre
Le président d'UNIS a d'abord replacé le rapport dans son contexte. La réduction du train de vie des institutions n'est pas un sujet nouveau en RDC : en 2024, le gouvernement l'avait inscrite parmi les piliers de son programme, et la Première ministre Judith Suminwa s'était engagée à réduire la taille du gouvernement. Celui-ci a pourtant été formé avec 54 membres, en contradiction avec les promesses initiales. Le 29 janvier 2025, au lendemain de l'entrée de l'AFC/M23 dans Goma, le président de la République a de nouveau annoncé des coupes dans le fonctionnement et les rémunérations des institutions, au titre de l'effort de guerre.
Pour UNIS, ces annonces successives, sans mesures concrètes ni suivi public, traduisent une absence de réelle volonté politique.
Ce que montre le rapport
Le rapport met en évidence trois constats.
Des institutions qui dépensent au-delà de ce qui est voté. Au premier semestre de l'exercice 2024, les ministères ont dépassé de 112 281 627 dollars les crédits votés par le Parlement pour leur fonds spécial d'intervention, tandis que les institutions consommaient déjà 76,30 % de leurs prévisions annuelles, soit 176 146 292 dollars.
Des écarts de rémunération considérables. Le rapport compare les traitements des animateurs des institutions politiques à ceux des autres agents de l'État. Là où certains élus perçoivent plusieurs milliers de dollars par mois, enseignants, policiers et militaires doivent se contenter d'environ 100 dollars.
Des dépenses de fonctionnement qui évincent l'investissement. Chaque dollar absorbé par le fonctionnement des institutions est un dollar qui ne va ni aux écoles, ni aux hôpitaux, ni aux routes.
Sept mesures pour réduire le train de vie de l'État
Le rapport ne se limite pas au constat : il formule sept mesures pour réduire le coût des institutions et réaffecter les économies dégagées aux conditions de vie des Congolais. Il propose notamment de supprimer le Sénat, de supprimer les agences publiques sans utilité avérée et de rationaliser les dépenses, de publier les salaires et avantages des agents de l'État, de prioriser les investissements sociaux et les infrastructures, et d'adopter un budget-programme, qui lie chaque dépense à un résultat mesurable.
L'appel à l'action de la coalition
Porte-parole de la coalition Le Congo n'est pas à vendre, Jean-Claude Mputu a lancé les appels à l'action : aux autorités, pour qu'elles traduisent enfin leurs annonces en mesures vérifiables dans le budget ; à la société civile et aux citoyens, pour qu'ils prennent une part active au contrôle des finances publiques et exigent davantage de transparence. La lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, a rappelé la coalition, est une responsabilité collective.
Un échange nourri avec la presse
La présentation s'est conclue par une série de questions-réponses avec les médias présents, suivie d'entretiens individuels avec les journalistes.
Photos : UNIS
Et depuis ?
UNIS continue de suivre la question du train de vie des institutions. Les sept mesures du rapport servent de base à sa campagne sur ce sujet, et leur mise en œuvre — ou son absence — est examinée à chaque nouvelle loi de finances.
